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Jurisprudence de la Signature Apostolique en matière contentieuse-administrative
 
 

Tribunal suprême de la Signature apostolique
Sententia definitiva du 03.12.2021, Prot. N. 53770/18 CA


Demandeur Rev.dus X
Défendeur Congregatio pro Clericis
Objet Suspensionis
coram Iannone
Contenu Constare de violatione legis in decernendo eo tantum quod
Curiae Romanae Dicasterium erronee decrevit Ordinarium praescripta legis in
procedendo servavisse.
Notes Cf. Attività della Segnatura Apostolica 2021 in https://www.vatican.va/content/dam/romancuria/segnatura-apostolica/statistiche/segnatura-apostolica-statistica_2021.pdf
Sources 
?
Legenda
 
Canons du Code de 1983
Tous les canons qui se trovent dans les parties in iure et in facto des décisions sont rapportés dans les sources.
On indique en gras les canons qui font l’objet principal de la décision ou sur lesquels la décision pose un principe d’interprétation.
On indique en italique les canons du Code de 1983 :
- qui n’apparaissent pas dans le texte de la décision mais qui sont traités dans la décision ;
- qui correspondent aux canons du Code de 1917, dont la décision, antérieure à 1983, traite.

Autres sources
Toutes les sources qui se trouvent dans les parties in iure et in facto des décisions sont rapportées.
CIC cann. 487 § 2; 1347 § 1; 1371, n. 2; 1400 § 1, n. 2; 1718 §1, n. 3; 1720; 1733 § 1; 1738
Codex Iuris Canonici anno 1917 promulgatus 2233 § 2
Arrêts
1. Conatus conciliationis a can. 1733, § 1 valde exoptatur ad controversias ex actu administrativo singulari ortas praecavendas vel dirimendas, exceptis tamen decretis poenalibus, quorum obiectum est culpae definitio et poenarum ecclesiasticarum irrogatio ob delicta patrata.
2. Praeceptum poenale, iuxta interpretationem authenticam can. 2233 § 2 Codicis Iuris Canonici praevigentis, qui est fons vigentis can. 1347, § l, tantum monitionem, minime autem processum poenalem substituit. Praeceptum poenale considerari potest utpote substitutio monitionis, non autem procedurae, de qua in can. 1720.
3. In procedura ad decretum extraiudiciale ferendum requiritur ut reo accusatio atque probationes significentur, eidem data facultate sese defendendi (in casu citatio formaIis in actis deest et invitationes generales Curiam adeundi insufficientes sunt).
4. Relate ad can. 1720 in casu ex actis evinci non potest utrum necne accurata ponderatio probationum et argumentorum ex parte Ordinarii cum duobus assessoribus ante emanationem decreti poenalis peracta fuerit.
5. Inspectio epistularis commercii inter Ordinarium et Curiae Romanae Dicasterium frustra quaeritur, cum nec lex nec iurisprudentia inspectionem actorum in recursu hierarchico praescribat.
6. Haud probata illegitimitate praecepti poenalis et plane admissa recusatione eidem praecepto obtemperantiae, sequitur delictum inoboedientiae de quo in can. 1371, n. 2.
7. Curiae Romanae Dicasterium, quippe quod Ordinarii decisionem in procedendo nonobstante praescripti can. 1720 violatione confirmet, in errorem in decernendo incurrit.
8. Refectio damnorum, eo quod Ordinarius bonam famam Recurrentis illegitime in discrimen vocavisset, non datur quia unum fundamentum irrogationis poenae (pertinax recusatio ex parte sacerdotis regrediendi in diocesim) factum notorium exstabat, saltem inter clericos eiusdem circumscriptionis.
1. Est fortement recommandée la tentative de conciliation prévue par le can. 1733, § 1, pour éviter ou régler les litiges nés d’un acte administratif singulier, à l’exception toutefois des décrets pénaux, dont l’objet est la définition de la faute et l’imposition de peines ecclésiastiques pour les délits commis.
2. Le précepte pénal, selon l’interprétation authentique du can. 2233, § 2 de l’ancien Code de Droit Canonique, qui est la source de l’actuel can. 1347, § l, remplace seulement la monition, mais absolument pas le procès pénal. Le précepte pénal peut être considéré comme une substitution de la monition, mais pas de la procédure prévue au can. 1720.
3. Dans la procédure à suivre pour émettre le décret extrajudiciaire, il est requis que l’accusé ait connaissance de l’accusation et des preuves et que lui soit donnée la faculté de se défendre (dans le cas d’espèce, la citation formelle dans les actes manque et les invitations générales à venir à la Curie ne suffisent pas).
4. Relativement au can. 1720, il ne peut être déduit des actes s’il y a eu une évaluation soignée des preuves et des arguments par l’Ordinaire avec deux assesseurs avant l’émission du décret pénal.
5. C’est en vain qu’on demande la lecture de la correspondance entre l’Ordinaire et le Dicastère de la Curie romaine, car ni la loi ni la jurisprudence ne prescrivent la lecture des actes dans le recours hiérarchique.
6. Si l’illégitimité du précepte pénal n’est pas prouvée et que le refus d’obéir au même précepte est établi, s’ensuit le délit de désobéissance dont il est question au can. 1371, n. 2.
7. Le Dicastère de la Curie Romaine, qui, malgré la violation du prescrit du can. 1720, confirme la décision de l’Ordinaire in procedendo, commet une erreur in decernendo.
8. Aucune réparation des dommages n’est accordée au motif que l’Ordinaire aurait mis en danger la bonne réputation du requérant, car la seule base pour l’imposition de la peine (le refus obstiné du prêtre de retourner dans le diocèse) était un fait notoire, du moins parmi les clercs de la même circonscription.
 italien

Auteur des arrêts (en latin) : © G. Paolo Montini
Traduction française : © Benôit Malvaux