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Jurisprudence de la Signature Apostolique en matière contentieuse-administrative
 
 

Tribunal suprême de la Signature apostolique
Sententia definitiva du 30.11.2017, Prot. N. 50763/15 CA


Demandeur Rev.dus X
Défendeur Congregatio pro Clericis
Objet Prohibitionis exercitii ministerii sacerdotalis recognoscendae
coram Mamberti
Contenu Constare de violatione legis in decernendo relate ad decretum a Congregatione pro Clericis latum, quo recursus adversus decretum A ab Ordinario latum reicitur.
Constare de violatione legis in decernendo relate ad decretum a Congregatione pro Clericis latum, quo recursus adversus decretum B ab Ordinario latum reicitur.
Constare de violatione legis in decernendo relate ad idem decretum B, quo obligatio decisionem prolatam quotannis revidendi relaxatur adeo ut ipsa quarto quoque anno habeatur oporteat.
Notes Cf. Attività della Segnatura Apostolica 2016, in vatican.va/content/dam/romancuria/ segnatura-apostolica/statistiche/segnatura-apostolica-statistica_2017.pdf
Cf. etiam prot. n. 47888/13 CA
Sources 
?
Legenda
 
Canons du Code de 1983
Tous les canons qui se trovent dans les parties in iure et in facto des décisions sont rapportés dans les sources.
On indique en gras les canons qui font l’objet principal de la décision ou sur lesquels la décision pose un principe d’interprétation.
On indique en italique les canons du Code de 1983 :
- qui n’apparaissent pas dans le texte de la décision mais qui sont traités dans la décision ;
- qui correspondent aux canons du Code de 1917, dont la décision, antérieure à 1983, traite.

Autres sources
Toutes les sources qui se trouvent dans les parties in iure et in facto des décisions sont rapportées.
CIC cann. 16 § 3; 220; 1728 § 2
Arrêts
1. Inutiliter contenditur normas de examine presbyteris proponendo legitime haud esse
promulgatas. Nam in eo quod praefatum examen singulis imponitur est actus administrativus singularis, ex potestate administrativa manans atque sub discrimine recursus contentiosi administrativi.
2. Inutiliter pariter contenditur normas de examine praescriptis competentis Curiae Romanae Dicasterii niti. Nam normae stant vel cadunt non ex eo quod ortum sumant annon a dispositionibus Dicasterii, sed ex earum legitimitate annon.
3. Examen clerico impositum quod esset vagum, indeterminatum, subiectivum necnon contra ius ad propriam cuiusque intimitatem, vitio afficitur pari illegitimitati praecepti.
Primo loco normae de examine proponendo perextensae sunt adeo ut applicari possint
pluribus factispeciebus, a clericis qui in aetate minores delicta patraverunt atque confessi sunt usque ad eos qui quosdam tantum fines in relatione cum aetate minoribus transgressi essent. Indecisum proinde manet in casu quid clerico recurrenti reapse impositum est vel impositum iri.
Secundo loco normae impositae de psychologico examine aliquo modo de facto cavent, dum iurisprudentia Signaturae Apostolicae docet infitiandum non esse quin legitimitas praecepti «postulaverit necessitatem informandi sacerdotem, auxilio indigentem, de huius auxilii natura» (sententia definitiva coram Stankiewicz, 20 iunii 2013, prot. n. 45485/11 CA, n. 18).
Tertio loco examen impositum importat quod clericus recurrens confiteri teneretur an ipse restrictiones ministerii servaverit, quae quidem (examen scilicet et restrictiones) sub praecepto poenali data sunt. Hoc modo clerico recurrenti re vera imponeretur sequens optio: sese prodere ut puniatur (contra praescriptum can. 1728, § 2) aut sese examini denegare, et inde puniendus pariter erit.
4. Examen clerico recurrenti impositum legitime haud sustinetur invocato vigilantiae iure et officio quod cuilibet Ordinario incumbit erga presbyteros. Nam diu docuit et iugiter animadvertit Signaturae Apostolicae iurisprudentia: «Sane utique iure atque officio obstringitur dioecesanus Episcopus inquirendi super habilitate suorum sacerdotum ad munera ecclesiastica obeunda atque exercenda: omnino tamen denegandum est eiusmodi legitimum finem consequendum esse mediis quae violant “ius cuiusque personae ad propriam intimitatem tuendam” (can. 220)» (sententia definitiva coram Pompedda, diei 6 maii 2000, prot. n. 29240/98 CA, n. 13; cf. etiam sententia definitiva coram Cacciavillan, diei 18 martii 2006, prot. n. 32108/01 CA, n. 8; sententia definitiva coram Stankiewicz, 20 giugno 2013, prot. n. 45485/11 CA, n. 18). Quae iurisprudentia adhuc luculentius imponitur si et quatenus non agitur de officio ecclesiastico conferendo, sed de clerico, cuiuscumque delicti innocenti, qui prohibetur integrum ministerii sacerdotalis exercitium, vel ordinatione sacramentali innixum, peragere.
5. Denegatio restrictionum recognitionis illegitime posthabuit quod clericum recurrentem suum praefatum agendi modum in praesenti mutavit, atque neglexit hac de re investigare, iuxta praeceptum eidem Ordinario a competenti Curiae Romanae Dicasterio impositum, quotannis scilicet restrictiones recognoscendi.
6. Procrastinatio recognitionis adeo ut ea quarto quoque anno eveniat, procul dubio quid plus subintellegit quam recognitionem de modo agendi clerici recurrentis habendam et, si et quatenus, restrictionum relaxationem vel partialem; quod novissimum est contra legem, id est contra decisionem sive competentis Curiae Romanae Dicasterii sive Signaturae Apostolicae, quae saltem novissima «ligat» sive Ordinarium sive praefatum Dicasterium (cf. can. 16, § 3).
1. Il est inutile de soutenir que les règles relatives à l’examen à proposer aux prêtres ont été illégitimement promulguées. En effet,, à partir du moment où l’examen susmentionné soit imposé à chacun en particulier, il s’agit d’un acte administratif singulier, émanant de l’autorité administrative et susceptible d’un recours en contentieux administratif.
2. Il est également inutile de soutenir que les règles relatives à l’examen sont basées sur des dispositions du Dicastère compétent de la Curie romaine. En effet, ces normes sont en vigueur ou cessent de s’appliquer non pas en raison du fait qu’elles proviennent ou non des dispositions du Dicastère, mais en raison de leur légitimité ou non.
3. Lorsque l’examen imposé à un clerc est vague, indéterminé, subjectif et contraire au droit de chacun au respect de sa vie privée, il est affecté d’un vice qui entraîne l’illégitimité du précepte.
Tout d’abord, les règles relatives à l’examen à proposer sont tellement larges qu’elles peuvent s’appliquer à de multiples situations, depuis le cas des clercs qui ont commis des délits contre des mineurs et les ont avoués, jusqu’au cas des clercs qui ont simplement transgressé des limites dans leur relation avec des mineurs. Dans le cas d’espèce, on ne peut donc déterminer avec certitude ce qui est réellement imposé ou ce qui sera imposé au clerc qui exerce un recours.
Deuxièmement, les règles imposées en fait concernent en quelque sorte un examen psychologique, tandis que la jurisprudence de la Signature Apostolique enseigne qu’on ne peut nier que la légitimité du précepte "aurait exigé la nécessité d’informer le prêtre qui a besoin d’aide, de la nature de cette aide" (sentence définitive coram Stankiewicz, 20 juin 2013, prot. n° 45485/11 CA, n° 18).
Troisièmement, l’examen imposé implique que le clerc qui exerce le recours est tenu de reconnaître s’il a observé les restrictions, qui (il s’agit en fait de l’examen et des restrictions) lui ont été imposées par un précepte pénal. Ainsi, le clerc qui fait recours serait effectivement contraint de choisir entre avouer et être puni (contre le prescrit du can. 1728, § 2) ou se soustraire à l’examen et être également puni.
4. La légitimité de l’examen imposé au clerc qui exerce un recours ne peut se fonder sur l’invocation du droit-devoir de vigilance qui incombe à tout Ordinaire envers les prêtres. En effet, la jurisprudence constante de la Signature Apostolique enseigne depuis longtemps que : "Certes, l’évêque diocésain est tenu en droit et en devoir de vérifier l’aptitude de ses prêtres à assumer et à exercer les offices ecclésiastiques : il faut cependant catégoriquement nier que ce but légitime puisse être atteint par des moyens qui violent "le droit de toute personne à préserver son intimité" (can. 220) (sentence définitive coram Pompedda, 6 mai 2000, prot. n° 29240/98 CA, n° 13 ; voir également sentence définitive coram Cacciavillan, 18 mars 2006, prot. n° 32108/01 CA, n° 8 ; sentence définitive coram Stankiewicz, 20 juin 2013, prot. n° 45485/11 CA, n° 18). Cette jurisprudence s’impose encore plus fortement si et dans la mesure où il s’agit, non de conférer un office, mais d’interdire à un clerc, innocent de tout délit, l’exercice de l’ensemble du ministère sacerdotal, même celui fondé sur l’ordination sacrée.
5. Le refus de réviser les restrictions a négligé de manière illégitime le fait que le clerc requérant a modifié entre-temps son comportement antérieur, et il a négligé d’enquêter sur ce point conformément au précepte, imposé au même Ordinaire par le Dicastère compétent de la Curie romaine, de revoir chaque année les restrictions.
6. Le report de la révision, de sorte qu’elle ait lieu tous les trois ans, comporte sans aucun doute plus qu’une reconnaissance du comportement du clerc qui exerce le recours et, le cas échéant, une modification même partielle des restrictions ; ce dernier report est illégitime, au sens où il va à l’encontre tant de la décision du Dicastère compétent de la Curie romaine que de la décision de la Signature apostolique, alors que cette dernière « lie » au moins à la fois l’Ordinaire et le Dicastère mentionné (cf. can. 16 , §3).
 italien

Auteur des arrêts (en latin) : © G. Paolo Montini
Traduction française : © Benôit Malvaux